
Après un bel été avec des horaires souvent plus souples, des journées moins structurées et des règles un peu moins strictes, le retour à l’école marque naturellement le retour à une routine plus prévisible. Et cela vaut aussi pour les écrans.
Télévision, tablette, jeux vidéo, téléphone… pendant les vacances, c’est facile de laisser les habitudes changer. Les enfants ont plus de temps libre, les journées sont différentes et, on ne se le cache pas, un écran peut parfois donner aux parents quelques précieuses minutes pour préparer le souper, répondre à un courriel ou simplement souffler un peu.
Il n’y a rien de mal à ça. L’objectif n’est pas de culpabiliser les parents ni de bannir les écrans, mais plutôt de revoir la place qu’ils occupent maintenant que la routine scolaire reprend.
Voici quelques habitudes à réévaluer pour retrouver un équilibre qui convient à toute la famille.
Avec la rentrée, certaines périodes de la journée redeviennent des moments clés en termes de routine : le réveil, les devoirs, le souper et l’heure du coucher.
C’est donc un bon moment pour déterminer quand les écrans ont leur place… et quand ils devraient rester de côté.
Par exemple, vous pourriez décider de créer des moments sans écran :
Vous n’avez pas à tout changer en même temps, la routine vient déjà avec son lot de défis, mais quelques règles simples et constantes peuvent déjà faire une différence.
On entend souvent parler de « temps d’écran », mais la façon dont les enfants utilisent les écrans est tout aussi importante.
Une heure passée à regarder une vidéo éducative avec un parent, à faire une activité créative ou à faire de la recherche pour un projet scolaire n’a pas le même impact qu’une heure à défiler sur les réseaux sociaux. (Petite parenthèse : des médecins britanniques ont récemment publié une étude affirmant que les réseaux sociaux représentent pour les enfants un danger aussi redoutable que le tabac!).
Plutôt que de surveiller uniquement le chronomètre, posez-vous quelques questions :
L’American Academy of Pediatrics propose d’ailleurs une approche qui va au-delà d’une limite de temps fixe : les 5 C, qui invitent notamment les parents à tenir compte de l’enfant, du contenu, de la façon dont les écrans sont utilisés pour se calmer, de ce qu’ils remplacent et de la communication au sein de la famille.
Un écran devient plus préoccupant lorsqu’il commence à prendre trop de place et empiète sur les activités dont les enfants ont besoin pour être bien.
Avant de penser à réduire le temps d’écran, on peut donc se demander si les grandes priorités de la journée sont toujours là :
Dormir. Bouger. Manger. Apprendre. Jouer. Socialiser.
Si l’utilisation d’un appareil fait régulièrement passer toutes ces activités au second plan, il est probablement temps de revoir les habitudes.
Par exemple, un enfant qui reste sur son téléphone jusqu’à tard et qui manque de sommeil le lendemain n’en retire pas les mêmes bénéfices qu’un enfant qui utilise son téléphone pendant un moment de détente après avoir fait ses devoirs, bougé et mangé.
Soyons honnêtes : quand les journées sont longues et que les parents sont débordés, un écran peut être une solution bien pratique pour garder un enfant occupé ou l’aider à se calmer.
Et ce n’est pas un échec parental.
Une émission pendant que vous préparez le souper? Un jeu vidéo pendant que vous avez besoin de 30 minutes pour souffler? Un dessin animé pour occuper les enfants pendant que vous terminez une tâche urgente? Ça fait souvent partie de la réalité d’une famille.
Le problème survient lorsque l’écran devient presque systématiquement la réponse à l’ennui, à l’impatience ou aux émotions difficiles.
Si votre enfant demande automatiquement un écran dès qu’il s’ennuie ou qu’il est contrarié, essayez progressivement de lui proposer d’autres façons de s’occuper ou de retrouver son calme :
L’ennui aussi fait partie de l’enfance. Les enfants n’ont pas besoin d’être constamment divertis. Apprendre à amadouer l’ennui et la solitude est un élément crucial de l’apprentissage.
Le retour à l’école signifie aussi le retour aux réveils souvent plus tôt. Si les horaires de sommeil ont glissé pendant l’été, les écrans peuvent compliquer le retour à une routine régulière.
Essayez notamment de :
Pour les enfants qui utilisent un appareil pour écouter de la musique, une histoire ou une méditation avant de dormir, l’objectif n’est pas nécessairement de supprimer complètement l’appareil, mais de s’assurer que son utilisation reste limitée à cette fonction.
Les habitudes familiales évoluent avec l’âge des enfants, leurs besoins et les appareils qu’ils utilisent. Les règles qui fonctionnaient l’an dernier ne sont donc pas nécessairement les bonnes aujourd’hui.
Plutôt que d'imposer une nouvelle série de restrictions du jour au lendemain, profitez de la rentrée pour en discuter.
Vous pouvez par exemple déterminer ensemble :
Cette discussion permet aussi de rappeler une chose importante : les règles ne sont pas là pour punir les enfants, mais pour faire de la place à tout ce dont ils ont besoin dans une journée.
Il est normal qu’un changement d’habitude ne fasse pas des heureux, surtout si les règles étaient plus souples pendant l’été.
Par contre, certains signes peuvent indiquer que les écrans prennent une place trop importante, particulièrement si votre enfant :
Si ces difficultés persistent ou commencent à nuire au quotidien, il peut être pertinent d’en parler avec un professionnel de la santé.
La rentrée ne signifie pas qu’il faut passer d’un été sans règles à une routine où chaque minute d’écran est minutée.
Pensez plutôt à un rééquilibrage.
Les écrans peuvent avoir leur place dans la vie des enfants. L’important est de s’assurer qu’ils ne prennent pas toute la place et qu’ils ne viennent pas remplacer le sommeil, le mouvement, les relations, le jeu et les autres activités essentielles au bien-être.
Et surtout, donnez-vous un peu de souplesse. Les bonnes habitudes ne se mettent pas toutes en place en une journée. La rentrée est simplement un bon moment pour reprendre le rythme, un petit ajustement à la fois.
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